Archives pour la catégorie 'Economie'

11-02-2015

Financement des PME

Résumé

Une idée sur le financement des PME peut sembler pointue, mais il s’agit d’une problématique centrale pour l’économie, donc la création d’emploi.

Actuellement, les PME ne peuvent se tourner que vers des prêts bancaires pour financer leurs projets, cela représente un désavantage important par rapport aux grandes entreprises qui peuvent emprunter auprès d’investisseurs via l’émission d’obligations. En effet, les prêts bancaires sont souvent soumis à des conditions très strictes, et ne sont pas garantis dans le temps (e.g. en cas de crise du secteur bancaires, les prêts sont difficilement renouvelés).

L’idée serait donc de simplifier les émissions d’obligations pour les PME, et d’orienter l’économie des ménages vers ce type d’investissement qui sont moins risquées que des actions, et plus rémunérateurs que des livrets d’épargne.

 

Introduction :

Dans l’article relatif à l’immobilier, nous avons mis en avant l’idée que l’investissement locatif devait être découragé : il est donc nécessaire de proposer une alternative pour les investisseurs/épargnants. Une idée serait de privilégier les investissements dans les entreprises, c’est-à-dire de faciliter les entreprises à se financer pour se développer.

 

Situation actuelle :

 

Les sources de financement d’une entreprise

Aujourd’hui, une grande entreprise a plusieurs sources de financement : la vente de nouvelles actions (aussi appelée augmentation de capital), l’emprunt auprès de banques (prêts bancaires) ou l’emprunt auprès d’investisseurs privés (émissions d’obligations). A l’opposé, les petites entreprises n’ont pas autant de flexibilité. D’une part, elles ne souhaitent généralement pas émettre de nouvelles actions pour ne pas partager le capital avec de nouveaux investisseurs. D’autre part, la complexité et le coût associés à une émission d’obligations sont trop importants pour leur permettre d’accéder à cette source de financement. Elles se tournent donc systématiquement vers les prêts bancaires.

Comment investir dans une entreprise

L’investissement sous forme d’actions est déjà incité en France, avec le PEA (Plan d’Epargne Action) dont les gains sont en partie défiscalisés, et la défiscalisation des investissements dans les entreprises « innovantes ».

Concernant le prêt aux entreprises, il n’y a pas d’avantages fiscaux. Le moyen le plus simple est d’investir dans un fonds « obligataire », souvent dans le cadre d’un contrat d’assurance vie : les particuliers placent leurs économies dans un fonds dont l’objectif de gestion sera de prêter aux entreprises à un taux d’intérêts défini. Cela ne concerne que les grandes entreprises (qui émettent des obligations) et les états.

Nous pouvons constater qu’il y a actuellement une absence de lien possible entre l’épargne des particuliers et le prêt aux petites entreprises. Est-ce que cela est problématique pour le développement des PME ?

Problématiques liées aux emprunts bancaires

Pour une PME, contracter un emprunt auprès d’une banque a des avantages et des inconvénients. Les principaux avantages sont la simplicité de l’opération ainsi que sont coût relativement faible. Les inconvénients sont un peu moins évidents :

Comme nous pouvons le constater, le fait qu’une entreprise n’ait recours qu’au prêt bancaire pour satisfaire ses besoins de financement peut être problématique en cas de crise économique (soit du secteur bancaire, soit du secteur d’activité de l’entreprise). En effet, dans un cas comme dans l’autre, le financement peut être remis en cause ce qui est un handicap pour le développement (ou la viabilité) de l’entreprise : pour bien se développer, une entreprise a besoin de stabilité sur le long terme, surtout pendant sa phase de croissance.

Permettre aux PME d’accéder aux émissions obligataires :

Comme nous l’avons vu, les barrières qui empêchent les entreprises d’émettre des obligations (i.e.  d’emprunter de l’argent auprès d’investisseurs privés) sont principalement la complexité et le coût de l’opération. En effet, émettre une obligation nécessite d’engager à la fois un cabinet d’avocat pour rédiger le contrat juridique (l’emprunt) et une banque d’investissement pour émettre l’obligation au prix (i.e. au taux d’intérêt) le plus juste en fonction de la demande des investisseurs.

Une solution serait de mettre en place un type d’obligation unique pour les petites entreprises : un document standard, utilisable par toutes les entreprises qui le souhaitent donc beaucoup moins onéreux qu’un contrat sur mesure. Les caractéristiques juridiques et financières pourraient être les suivantes :

Avec ces caractéristiques, une entreprise jugée peu risquée par les investisseurs privés pourra emprunter 109 000€ (ce qui représentera un coût de financement de 4%), alors qu’une entreprise plus risquée ne pourra emprunter que 92 000€ (soit un coût de financement de 8%). (cf. Annexe pour le détail des calculs).

Ainsi, les entreprises pourront, quelques soient leurs niveaux de risque, emprunter de l’argent sans craindre que ce financement soit soudainement interrompu, et à un coût qui ne dépendra plus des banques mais qui relèvera de l’appréciation du risque des investisseurs privés.

Mettre en relation l’épargne et les besoins de financement :

Une fois un tel cadre juridique et financier mis en place, l’étape suivante sera de mettre en place des véhicules d’investissements permettant aux épargnants d’investir dans ce type d’obligations.

Pour pousser les particuliers à prêter aux entreprises de tailles plus petites, qui sont souvent plus risquées, une incitation fiscale pourra être mise en place (sur le même modèle que le PEA ?). Mais il est important de noter qu’une entreprise plus risquée paye des taux d’intérêts plus élevés, ce qui signifie un rendement plus élevé pour le prêteur : cela constitue déjà une incitation en soit.

Qu’est-ce que cela nécessite ?

Vous l’avez compris, le risque principal dans le prêt à une entreprise est que cette dernière fasse faillite. Il est donc indispensable d’avoir un cadre juridique clair pour que cet événement puisse être encadré et permette, lorsque cela est possible, à l’entreprise de poursuivre son activité en repartant sur des bases saines.

En France, les étapes de la faillite d’une petite entreprise (dépôt de bilan) donnent souvent lieu à une perte quasi-totale pour les prêteurs : cela doit être modifié pour motiver les investisseurs à investir dans les obligations de PME et, ainsi, faciliter à ces dernières l’accès à une source de financement stable dans le temps.

 

Annexe

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11-02-2015

L’Europe

Résumé

La création de l’Euro a supprimé l’ajustement économique par la devise en période de crise économique. Sans cet ajustement, les pays consommateurs ne profitent plus d’un gain de compétitivité en période de crise (car la baisse des salaires est un sujet trop sensible au niveau social). A l’inverse, les pays exportateurs ne subissent plus les conséquences de l’appréciation de leur monnaie qui rendait leurs produits trop chers (i.e. diminuait leur compétitivité) : si les pays exportateurs ne redistribuent pas une partie de leur gain pour aider les pays consommateurs à ajuster leur économie, la monnaie unique ne pourra pas fonctionner et devra être abandonnée.

Pour comprendre les problématiques liées à l’Euro, il faut avant tout comprendre quel était le fonctionnement des économies des états européens avant la monnaie unique.

Comment cela fonctionnait-il avant ?

Tout d’abord, il existe plusieurs types de modèles économiques, mais nous pouvons en identifier deux principaux en Europe : les pays exportateurs (par exemple l’Allemagne) et les pays consommateurs (par exemple la France). La balance commerciale (la différence entre les exportations et les importations) est positive pour les premiers et négative pour les seconds. Il est important de noter qu’il n’y a pas un modèle meilleur que l’autre : il s’agit de modèles différents, qui ont tendance à s’équilibrer sur l’ensemble du cycle économique comme nous allons tenter de l’expliquer.

Avant la monnaie unique, les échanges commerciaux nécessitaient des échanges de monnaie. Par exemple, la France échangeait des Francs contre des Deutschemark pour payer les produits qu’elle souhaitait acheter et importer. Le Franc avait donc tendance à se déprécier contre le Deutschemark puisque chaque nouvel achat de produit allemand nécessitait de vendre des Francs pour acheter des Deutschemark.

Les crises économiques viennent souvent du fait que les pays ont tendance à se satisfaire de leurs modèles économiques et ne tentent pas de l’équilibrer : les déficits et surplus des balances commerciales augmentent jusqu’au moment où ils donnent lieu à une forte dépréciation de la monnaie des pays consommateurs (ou appréciation pour les pays exportateurs). Deux conséquences découlent de cet ajustement des devises :

Prenons un exemple pour bien comprendre ce point. Considérons un salarié français payé 5 000 francs par mois ce qui équivaut à 500 deutschemark. En période de crise, le franc se déprécie contre le deutschemark et 5 000 francs ne valent plus que (par exemple) 400 deutschemark : le salarié français devient plus compétitif vis-à-vis de son homologue allemand (un gain de compétitivité de 20%). Cette baisse de la monnaie affectera le français lors de ses voyages outre-rhin ou lors de la consommation de produits importés d’Allemagne : il y aura donc une hausse des prix de certains produits en France (i.e. une hausse de l’inflation).

Il faut également se rappeler que les pays exportateurs ont accepté la monnaie des pays consommateurs pendant les années précédents la crise : ils enregistrent donc une perte financière liée à la dépréciation de ces devises.

Finalement, sur l’ensemble d’un cycle économique, les devises des pays consommateurs ont tendance à se déprécier par rapport aux pays exportateurs et l’inflation y sera plus élevée. Le pays exportateur se sera progressivement enrichi du fait de l’appréciation de sa monnaie, mais aura également subit une crise économique (chute de ses exportations) ainsi qu’une perte de capital liée à la dépréciation des devises encaissées au cours des années précédant la crise.

 

Comment cela fonctionne aujourd’hui

Aujourd’hui, il existe toujours des pays exportateurs et des pays consommateurs, mais l’ajustement par la monnaie que nous avons expliqué dans le paragraphe précédent ne peut plus s’opérer.

En cas de crise économique, les pays consommateurs ont toujours besoin d’un gain de compétitivité pour équilibrer leur balance commerciale, mais puisqu’ils utilisent une monnaie unique, ce gain doit passer par une baisse des salaires.

Reprenons notre exemple des salariés français et allemand. Avec l’Euro, le salarié français est payé 1000€ par mois, et le salarié allemand est également payé 1000€ par mois : pour avoir un gain de compétitivité identique à l’exemple précédent (i.e. de 20%), le salarié français devra baisser son salaire de 1000€ à 800€.

La problématique est avant tout sociale : les baisses de salaires sont très difficiles à faire accepter aux salariés, surtout en période de crise économique et les hommes politiques ne souhaitent pas leur en imposer. En terme économique, il ne devrait pas y avoir de différence entre les deux situations. Cependant, certains exemples européens nous ont permis de constater que lorsque les baisses de salaires sont actées, la consommation chute et la crise économique empire.

En conséquence, avec l’Euro, les salaires des pays exportateurs et des pays consommateurs ont tendance à rester assez proche. Ainsi, les pays exportateurs gardent leurs avantages concurrentiels et continuent d’exporter leurs produits alors que les pays consommateurs ne peuvent profiter d’aucune aide pour rétablir leur économie : pas de gain de compétitivité, pas d’aides financières extérieures et une interdiction de recourir à un stimulus fiscal (i.e. à une injection d’argent publique) puisque l’Europe impose de respecter une certaine discipline budgétaire (déficit inférieur à 3% du PIB, voir positif pour les pays dont l’endettement dépasse 60% du PIB)

Politiquement, il n’est pas surprenant de constater que l’ajustement des salaires n’a pas été effectué dans la plupart des pays consommateurs : le coût associé y est trop important. Ce qui est surprenant, par contre, est que les pays exportateurs n’ont supporté aucune conséquence de la crise économique. En effet, leur devise ne s’est pas appréciée (donc pas de chute des exportations) et la devise qu’ils avaient reçue au cours des années précédentes ne s’est pas dépréciée puisqu’il s’agit d’une seule et même monnaie : l’Euro !

 

Solutions

La solution est évidente : avant l’Euro, en cas de crise économique, les difficultés étaient supportées par l’ensemble des pays du fait de l’ajustement des devises. Avec l’Euro, il est important que ce partage soit toujours en place : il faut donc qu’en cas de crise, les pays exportateurs partagent une partie de leurs gains avec les pays consommateurs (comme c’est le cas entre les états des Etats-Unis ou entre les régions françaises etc…). Sur le plan de la compétitivité, les salaires des pays exportateurs doivent augmenter au même titre que celui des pays consommateurs doit baisser : il s’agit d’une variation relative, et pas absolue!

Demander que l’ensemble des coûts d’une crise économique soit supportée par un pays en difficulté sans ajustement de sa monnaie, sans aide financière, et sans relance budgétaire n’a aucun sens : il n’aura ni la flexibilité économique, ni la force politique de le faire.

Sans la mise en place d’un tel mécanisme d’ajustement, la monnaie unique ne peut pas fonctionner. Il faut l’accepter ou abandonner.

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11-02-2015

Travail et pouvoir d’achat

Résumé :

La France est actuellement confrontée à des problématiques économiques (croissance faible et chômage élevé), écologique (pic de pollutions), et de coût du logement. Ces difficultés ont toutes de fortes disparités géographiques (chômage à la campagne – pollution et coût du logement dans les grandes villes). Une meilleure répartition géographique de la population contribuerait à solutionner ces problèmes. Les infrastructures (transport, télécommunication etc…) françaises font partie des meilleures du monde : il s’agit d’un atout important qui permettrait de développer le travail à domicile ou dans des centres de télétravail à l’extérieur des grandes villes. Une telle révolution dans le monde de l’entreprise nécessiterai de modifier le code du travail.

 

Calcul du pouvoir d’achat et réalité

Tout d’abord, revenons sur la méthode de calcul du pouvoir d’achat. Il correspond à la différence entre l’évolution des salaires et du coût de la vie (i.e. l’inflation). En effet, si les salaires augmentent plus vite que la somme de nos dépenses de bases cela signifie qu’il nous reste de l’argent pour consommer d’avantage : i.e. notre pouvoir d’achat a augmenté.

Cela mérite une précision: l’indice des prix à la consommation est calculé à partir d’un panier de biens de consommation quotidiens (alimentation, factures d’énergie, entretien ménager etc…) mais le coût du logement ne figure pas sur cette liste. Comme nous l’avons vu dans le paragraphe concernant l’immobilier, un quart des français dépense 40% de ses revenus pour se loger, et un autre quart en dépense 30%. De plus, le coût du logement a plus que doublé au cours des 20 dernières années. En conséquence, s’il était intégré dans le calcul de l’inflation, le résultat serait bien plus élevé, et même plus élevé que la hausse des salaires. En conclusion, réintégrer le logement dans l’indice des prix à la consommation montrerait que le pouvoir d’achat a baissé (et non augmenté) au cours des dernières années.

Une piste pour améliorer le pouvoir d’achat des français serait de faire baisser le coût des logements (à l’achat ou à la location) plutôt que d’augmenter les salaires. Le résultat est identique, mais cela n’impacte pas le niveau de compétitivité de l’industrie française.

 

La décentralisation soutiendrait le pouvoir d’achat… et l’économie locale (i.e. les créations d’emploi)

Comme nous l’avons évoqué dans le chapitre concernant l’immobilier, si un foyer déménage d’une grande ville vers une ville de taille inférieure, il est probable que son coût du logement diminue, donc que son pouvoir d’achat augmente.

Cela aurait un autre avantage : celui de stimuler l’économie des régions les plus délaissées. Par exemple, un afflux de richesses en provenance des grandes villes vers des régions moins peuplées donnerait lieu à une hausse de la demande des services : un parisien qui déménage en province augmenterait la demande locale pour des restaurants, coiffeurs, écoles (publiques ou privées), activités extrascolaires ou cours particuliers pour ses enfants etc…

Cela n’aurait pas pour simple effet de délocaliser la demande, mais de la créer. Toujours sur le même exemple, un parisien qui dépense 40% de ses revenus pour se loger n’a peut-être pas la possibilité d’aller régulièrement manger au restaurant. Si le coût de son logement baisse et que le restaurant est moins cher, il pourrait y aller plus souvent. L’augmentation de la demande pour les activités de services signifie une hausse de l’activité économique et des créations d’emplois.

 

Le télétravail, une solution nécessitant une mise en place globale

Au cours du chapitre précédent, nous supposons que le foyer garderait le même salaire lors de son changement de lieu d’habitation. Cette hypothèse n’est pas correcte si les salariés viennent à changer de métier lors de leur déménagement puisque les salaires sont généralement plus élevés dans les grandes villes. Cependant, nous pouvons imaginer un tel flux migratoire dans le cadre d’une loi pour le télétravail : en France, ce type de loi serait d’autant plus efficace que le pays est doté d’excellentes infrastructures, à la fois en termes de transport (TGV) et de télécommunication (internet).

Ce type d’opportunité toucherait probablement le secteur informatique en premier. Prenons l’exemple d’une équipe de 5 personnes dédiées au support informatique d’une entreprise : en cas de difficulté, les salariés appellent le standard informatique, puis une personne du support se charge de la demande en prenant directement le contrôle du poste du salarié. Cela ne nécessite pas de présence physique dans les locaux de la société. Dans de rares exceptions, le problème informatique est physique et le technicien doit alors se déplacer : il serait donc nécessaire de mettre en place un roulement (1jour par semaine ? 1 semaine par mois ?) pour qu’un technicien soit toujours disponible.

Il est clair qu’une telle évolution nécessite des aménagements importants, à la fois pour les salariés et pour les entreprises. Il faudrait donc revoir le code du travail dans le cas précis du télétravail :

Nous pouvons noter que des centres de télétravail existent déjà et permettent aux salariés d’évoluer dans un milieu professionnel tout en économisant du temps de trajet pour se rendre sur leur lieu de travail. Ce type d’activité reste cependant marginal.

 

Divers

Un équilibrage de la répartition de la population au sein du pays aurait d’autres avantages :

 

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11-02-2015

L’immobilier

Résumé :

Suite à la forte hausse des prix de l’immobilier, les français dépensent désormais une part importante de leurs revenus pour se loger, plus que dans tous les autres pays d’Europe. Cette hausse a été alimentée par de nombreuses incitations fiscales pour investir dans l’immobilier.

Une étude détaillée du marché immobilier en France permet de constater que plus de la moitié des logements locatifs privés sont détenus par une très faible partie de la population (moins de 300 000personnes). Ces investissements sont fortement subventionnés, à la fois à l’achat (loi de défiscalisation pour un coût de 10milliards d’euro par an) ainsi qu’à la location (aides au logement pour un cout de 14milliards d’euro par an).

Que justifie une telle aide de l’état, dont la moitié profitera à des multipropriétaires immobilier ? Pourquoi poursuivre cette politique de hausse des prix puisqu’elle impacte le pouvoir d’achat, donc la consommation des français ?

 

Situation actuelle :

La hausse des prix de l’immobilier a donné lieu à une augmentation de la dépense des ménages pour se loger. Près d’un quart des foyers dépensent plus de 40% de leurs revenus dans leur logement. Le quart suivant en dépense environ 30%. Ces chiffres sont parmi les plus élevés d’Europe.

Comment les variations des prix immobiliers impactent les français ?

Pour savoir à qui profite une hausse des prix, il faut d’abord étudier qui détient l’immobilier. En France, les logements sont répartis de la façon suivante :

Les propriétaires de leurs résidences principales devraient être indifférents aux variations des prix puisqu’ils n’ont, à priori, pas pour objectif de le vendre. En fait, cela n’est pas si simple, puisque l’aspect psychologique joue un rôle important : en économie, on appelle «l’effet richesse » la sensation de détenir un bien valant une somme d’argent importante. Cet effet psychologique peu avoir des conséquences sur d’autres secteurs de l’économie comme la consommation. Cependant, si les propriétaires souhaitant déménager vers un logement plus grand étaient rationnels, ils constateraient qu’une baisse des prix de l’immobilier leur permettrait de payer moins cher les m² supplémentaires qu’ils souhaitent acquérir.

Les locataires de logements sociaux ne sont pas affectés par les prix de l’immobilier. Nous pouvons juste noter qu’avec des prix du logement plus bas, les dépenses de l’état pour subventionner le logement diminueraient (puisque moins de personnes auraient besoin d’aide pour se loger).

Finalement, l’immobilier détenu par des propriétaires bailleurs est le plus important à étudier puisqu’il est affecté par une logique d’investissement. Sans pouvoir le prouver, on peut penser qu’il affecte davantage les prix puisqu’il est susceptible d’être revendu ou conservé en fonction de l’évolution des prix. D’ailleurs, une baisse des prix (prix du bien ou montant du loyer) représente une perte réelle pour une personne qui a investi dans un bien immobilier, que ce soit pour le louer ou le revendre ultérieurement. Il est donc important de savoir qu’en France, ce parc est détenu par un petit nombre de personnes : en effet, moins de 300 000 bailleurs détiennent la moitié du parc immobilier locatif.

En conclusion, une baisse des prix n’affecterait substantiellement qu’une très faible minorité (300 000 personnes, soit 0.5% de la population française) et augmenterait le pouvoir d’achat de plus de la moitié de la population.

 

Comment faire ?

Tout d’abord, constatons que de très nombreuses aides fiscales sont destinées à soutenir l’investissement dans l’immobilier :

Nous avons noté les aides au logement dans la catégorie des subventions pour l’investisseur puisque ces subventions, même si elles sont payées au locataire, reviennent in fine au propriétaire. Elles permettent donc d’augmenter la rentabilité du bien en augmentant le loyer du montant de ces subventions.

Il est important de comprendre qu’actuellement, le bien immobilier peut être considéré comme un actif financier dont l’achat est subventionné (déduction fiscale d’une partie de l’investissement) et la rentabilité est subventionnée (aides au logement pour le locataire. Garanti de l’état dans le cas des locations pour un étudiant). Il n’est donc pas surprenant que les prix aient augmenté fortement depuis la mise en place de cette politique. Il faut également noter que ces subventions coûtent cher : environ 15miliards d’euro par an pour les avantages fiscaux et 18 milliards d’euro par an pour l’ensemble des aides au logement (i.e. plus d’1.5% du PIB, ce qu in’est pas négligeable pour un pays dont le déficit est actuellement de 4%)

En conclusion, un premier axe de réflexion serait tout simplement de taxer, plutôt que de subventionner, l’investissement dans l’immobilier. En effet, on peut se demander pourquoi subventionner la hausse d’un actif immobilier qui, in fine, coûtera à l’état puisque cela engendre une baisse du pouvoir d’achat des consommateurs.

 

Un autre axe de réflexion serait de travailler sur la décentralisation. Dans un chapitre relatif au travail, nous soulignons l’utilité de développer le télétravail puisque les infrastructures de la France le permettent. Cela aurait pour avantage de soulager la forte demande de logements dans les grandes villes de France et à Paris en particulier.

 

Pourquoi cette politique de soutien de l’immobilier ?

Le secteur de la construction est un secteur très important dans l’économie des pays développés puisqu’il représente un grand nombre d’emplois pour des personnes peu qualifiées. Ces emplois ont l’avantage de ne pas pouvoir être délocalisés. Stimuler ce secteur permet donc de stimuler la croissance économique à court terme. Cependant, cette politique de subvention pour inciter l’investissement dans ce secteur a probablement atteint ses limites à la vue du coût des subventions et de l’impact sur la consommation.

 

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Jacqueline Irles |
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